Surcharge mentale : entrepreneuriat et télétravail

Mars 2020, premier confinement… le télétravail se généralise. Sans précaution, sans explication, comme si c’était simple et sans conséquences.

Cet article s’adresse tout autant au télé-travailleur(euse)s qu’aux entrepreneur(e)s, car la gestion du temps, quand on en est entièrement responsable, souvent nous échappe. Ce sont les événements qui sont « maîtres » du temps et nous ne faisons que nous y adapter. Heureusement, nous avons acquis au cours de notre histoire une très grande faculté d’adaptation. Mais comment nous en servons-nous ?

Cumuler ici et là des petits bouts de temps supplémentaires aux prévisions ça revient à la fin à créer une surcharge mentale qui ne fait que s’alourdir. Et le temps qu’on va supprimer en retour c’est très souvent celui du sommeil et des repas. C’est dommageable parce que ce sont là nos principales sources d’énergie…


Le télétravail, c’est pareil mais à la maison ?


D’après un récent rapport du parlement européen sur l’impact de la crise de la COVID-19 sur les salariés et le télétravail, il est apparu que près d’un tiers des sondés (29%) déclaraient avoir du mal à se déconnecter après leur journée de travail. 
Désirée de Larmazelle, journaliste Forbes France
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  • un espace dédié est-il envisageable ? Ce n’est pas la même chose de travailler dans une pièce dédiée, et donc privée, ou bien dans le salon, la cuisine, voire dans un studio où l’on peut très vite avoir la sensation d’être très à l’étroit.
  • Le matériel informatique connecté devient indispensable, mais les moyens techniques sont-ils à la charge de l’entreprise ou du salarié ? Je n’aborderai pas les problèmes de sécurité informatique, de responsabilité concernant l’usage du matériel et des données confidentielles, ou de coût parce que je vais digresser et ça risque d’être long…
  • Et enfin un certain isolement social est-il supportable pour tout le monde ?

Finalement, avec le télétravail élargi et imposé, les salarié(e)s vivent plus ou moins (le chiffre d’affaire en moins) le quotidien des commerciaux, des entrepreneurs : le travail « c’est tout le temps ». Je pense notamment aux entrepreneur(e)s qui doivent en plus de leur métier en apprendre un deuxième : celui de communiquant (et là je souris parce c’est à moi aussi que je m’adresse) ! Et nous savons tous quel temps ça prend…

Idéalement le télétravail, tout comme l’entrepreneuriat, ou la profession libérale, devrait être un choix, parce que c’est tout sauf simple. Cela demande de l’organisation, un attrait pour la tranquillité voire la solitude, et surtout une capacité à borner les espaces temporels dédiés au travail. Mais aussi une capacité de gestion de la charge mentale.


Le cœur du problème : le temps.

Le temps d’avant,
le temps pendant et
le temps d’après.

Oui écrit comme ça, c’est facile… mais à vivre ça l’est moins, beaucoup moins.

  • à 20h, un sms arrive sur le téléphone avec une demande soi-disant « urgente »… Interruption du repas pour passer quelques coups de fils, remplir un tableau… Et c’est parti pour une « petite » heure.
  • Le matin, quand la motivation manque… la veille il s’est produit un événement perturbant qui concerne la vie privée. Et ça trotte, ça tourne, impossible de se concentrer sur le travail.
  • Commencer une tâche en pensant à une autre qu’on a prévu d’accomplir plus tard, les deux étant prioritaires… Gribouiller des notes sur le vif, tout en gardant à l’esprit la continuité de la première… ça y est la pensée s’éparpille et l’efficacité est en grande partie perdue.
  • Oublier de manger, regarder l’heure et « Aaahhh ! Déjà ! »
  • Au petit-déjeuner : la liste mentale de tout ce qu’il y a à faire APRES le petit déjeuner…

Voilà quelques situations courantes, où un temps déborde sur le temps présent. L’encombrement qui en résulte est toujours prélevé sur quelque chose : l’énergie.
Mais nous sommes ainsi faits que la turbine à penser n’est jamais au repos… et aussi que nous n’avons pas vraiment appris à dire : « non, ce n’est pas le moment pour cela ».

Comment faire pour ne pas se laisser envahir, pour préserver un espace pour chaque temporalité ?
La réponse n’est évidemment pas unique, dépendant de l’organisation, du milieu de vie,
de la situation au quotidien.


cette réponse s’articule autour de deux constats.

Le temps n’est pas étirable.

Effectivement s’il y a une certitude à avoir c’est que le temps d’avant est déjà passé, et que le temps d’après n’existe pas encore. Étrange n’est ce pas ? Le concept du « temps qui passe » nous échappe totalement. Mais l’horloge reste inexorable et à elle, on n’échappe pas. Ce qui organise notre temps c’est l’agenda, bâti sur un calendrier et une horloge. Quels que soient nos état émotionnels et/ou nos actions, le temps passe et quand quelque chose vient déranger un temps imparti, le débordement qui survient c’est toujours du temps pris ailleurs. Jamais du temps gratis.

Il est donc essentiel de pouvoir aménager des transitions entre chaque espace temporel.

Définir les espaces les uns par rapport aux autres dans leur chronologie et laisser de la place à l’imprévu.
Comment s’articulent les journées autour de ces espaces ?
Quelles sont les occasions de débordement les plus fréquentes ?

Bien sur les transitions sont à inventer selon vos besoins, vos propres constats.
Une transition est une action qui permet de sortir d’une période de temps avant d’entrer dans la suivante.

La pause café ou déjeuner vous connaissez n’est ce pas ?

Oui mais…
le thé, le café qu’on boit distraitement quand il est presque froid,
le sandwich qu’on mange tout en travaillant,
ne sont pas des pauses.


L’énergie n’est pas inépuisable.

Après avoir dépensé de l’énergie il faut recharger les batteries. C’est valable pour tout le vivant et donc pour le corps humain tout autant. La rumination et l’encombrement des pensées viennent aussi du fait qu’on sur-dépense en inquiétude, en anticipation négative, en anxiété…

Pour recharger les batteries du corps humain il y a la nourriture, le sommeil, la relaxation (au sens large du terme je compte dedans les pratiques de yoga, qi-gong, méditation, sieste, promenade).

En réalité tout ce qui tient de près ou de loin à la relaxation signifie
que pendant un moment donné l’action est centrée sur
la respiration, le mouvement, le ressenti et l’observation.

Ce que je propose c’est plutôt une organisation de « perte de temps » pour en gagner ensuite.

Si par exemple vous dépensez 15 minutes en relaxation dynamique, avant de commencer votre journée de travail, mais que pendant les deux heures qui suivent vous êtes concentré et productif. Aurez-vous perdu du temps ?

Si après ce temps de travail, vous faites une pause jardin ou une petite promenade, et qu’au fur et à mesure que vos pas vous mènent, vous laissez le temps passé là où il est : dans le passé, aurez-vous perdu du temps, si cela vous rend tout à fait disponible à ce que vous avez décidé de faire après ?

Surcharge mentale et syndrome dit d’épuisement


Si la charge physique est assez facile à définir et à mesurer [pour un ensemble de tâches de travail], il n’en est pas de même pour la charge mentale pour laquelle interviennent de multiples facteurs et leurs interactions qui rendent difficiles l’appréciation objective des exigences et des pressions psychologiques exercées sur le psychisme du travailleur.
L’excès de charge mentale génère des conditions de travail stressantes, responsables de risques psychosomatiques.

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Des études réalisées par l’observatoire Amarok ont été menées afin d’évaluer le niveau d’épuisement professionnel (burnout) chez les entrepreneurs français. En ce sens, une comparaison a été réalisée entre la période d’avril 2020 et janvier/février 2021. 

Le site InfoNews fait le point :

Le niveau [de burnout] est ainsi passé à un score de 2,89 à 3,39 lors de la première vague de confinement. Celui-ci a ensuite atteint 3,58 lors de la seconde vague. De même, le pourcentage d’entrepreneurs à risque est passé de 34,65% à 36,77% entre le premier confinement et la deuxième vague. Enfin, le taux des entrepreneurs qui sont en danger de burnout est passé de 1,75% à 9,18% avant d’atteindre 10,41% en 2021.

D’ailleurs, les études réalisées ont révélé les principaux facteurs déterminants du syndrome d’épuisement chez les entrepreneurs. Il s’agit de la fatigue, la déception et le sentiment d’en avoir marre. Ceux-ci ont considérablement augmenté entre avril 2021 et janvier/février 2021.

  • Fatigue : de 3,77 à 4,38.
  • Déception : de 3, 75 à 4,18.
  • Sentiment d’en savoir marre : de 3,63 à 4,05.

Il est donc évident que le syndrome d’épuisement d’empêchement a considérablement augmenté lors de la seconde vague. A cela s’ajoute l’épuisement d’usure habituel. 

Il faut aussi souligner que les entrepreneurs ont été très affectés par les différentes retombées économiques causées par le confinement. En effet, ils travaillent plus que les salariés et souffrent d’un énorme manque de visibilité.


Les crises mettent les entrepreneurs à double contribution : d’une part, ils doivent être vigilants pour éviter les menaces et éviter que leurs chiffres d’affaires ne s’affaissent, voire que leurs entreprises ne disparaissent. D’autre part, ils doivent être vigilants pour saisir les nouvelles opportunités qui résultent de la crise. Transformer les contraintes en opportunités et entrevoir, évaluer, puis saisir les opportunités liées à la crise sont des comportements appropriés pendant toute crise.
La vigilance entrepreneuriale mesure la capacité d’un entrepreneur à saisir des opportunités. Cette capacité se déroule en trois phases, une première phase de recherche d’information, puis une phase de connexion pour engendrer des idées nouvelles et enfin l’ultime phase d’évaluation et de jugement permettant de trier les idées pour en faire de vraies opportunités. En clair, la vigilance entrepreneuriale est un processus séquentiel où l’information d’abord, puis les idées se transforment enfin en opportunités. Bien que chacune des phases puissent s’influencer mutuellement et rétroactivement (une nouvelle opportunité engendre à son tour un besoin de recherche de nouvelles informations, lesquelles engendrent de nouvelles idées…), plusieurs auteurs s’accordent pour dire que la phase d’évaluation est celle qui fait passer l’entrepreneur d’un état de vigilance (recherche et connexion) à une véritable vigilance entrepreneuriale (le stade de l’opportunités).


Je vais évoquer ici un phénomène bien connu des sophrologues et des relaxologues : l’hyper-vigilance.
Un surcroît de vigilance permanent et cumulatif consommant une énergie considérable, d’autant qu’il est souvent la cause de troubles du sommeil.

Dans la situation qui nous préoccupe tous et toutes, vient s’ajouter la frustration créée par le sentiment de dépossession. Se voir retirer le droit d’exercer son métier ou de fermer son établissement, même pour un temps précis, engendre de l’inquiétude, un sentiment d’être « mis de côté ».
Les compensations financières sont une chose, mais sont très loin de « réparer » l’impact psychique et physique causé.

Le confinement, s’il a l’air de n’être qu’un mauvais souvenir, n’en reste cependant pas moins présent dans nos esprits et il a des conséquences, au moins financières et économiques, pour beaucoup.

Pendant la crise de la Covid-19, la structure de la vigilance entrepreneuriale s’est distordue.
D’une part, on constate une hypervigilance en termes de recherche d’informations. A l’inverse, les sous dimensions de connexion et surtout d’évaluation ont été anormalement atrophiées, laissant supposer que les entrepreneurs en plein confinement ont du mal à voir et à évaluer les opportunités. Cette atrophie est d’autant plus dommageable que ces deux étapes de la vigilance entrepreneuriale, surtout celle d’évaluation sont les étapes clés de la vigilance entrepreneuriale.

C’est avec le temps et aussi ma propre expérience que j’ai lentement mûri cet atelier destinés aux entrepreneur(e)s et aux salarié(e)s en télétravail.

Je l’ai intitulé « Quand travail et vie privée s’emmêlent »

Comme à mon habitude je vous propose, non pas des solutions toutes faites,
mais des outils pour que vous puissiez créer vos propres solutions.

Parce que si je suis convaincue d’une chose,
c’est que nul ne marche dans les chaussures d’un autre.


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